DANS LA PEAU D’UNE COWGIRL

EQUITATION BARREL RACING – LISA BÉTOURNÉ

Photos Bruno Pérachon et Lisa Bétourné @WSG

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Après avoir croisé Lisa Anne Bétourné sur le plateau d’Equita Lyon en Novembre dernier, nous avons eu envie d’en savoir un peu plus sur elle et sa discipline hors du commun. Western, Bonanza et cowgirls, rencontre avec une jeune femme passionnée.

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?
Je m’appelle Lisa-Anne Bétourné, j’ai 18 ans, je vis dans la vallée du Grésivaudan en Isère, où je poursuis mes études en filière Littéraire. J’aime tout ce qui peut me donner de l’émotion. Très jeune c’est l’équitation qui m’a fait vibrer avec un coup de cœur pour les disciplines et l’ambiance western.

« … Les cowgirls … se rencontrent à travers une discipline réservée spécifiquement aux femmes au cours des rodéos : le barrel racing … »

L’équitation western est peu connu du public français, pouvez-vous nous présenter votre sport, le barrel racing ?
À l’origine, l’équitation western s’appuyait sur l’élevage du bétail et consistait à rassembler les bêtes afin de les marquer et de les soigner pour la vente. Les cow-boys de Ranchs, pour se divertir, se rencontraient dans des épreuves de rodéos, mais aucune de ces épreuves n’étaient ouvertes à la gente féminine. Les cowgirls pour ne pas être en reste créent leur propre association et se rencontrent à travers une discipline réservée spécifiquement aux femmes au cours des rodéos : le barrel racing. Ce n’est qu’en 1992 que la discipline s’ouvre aux hommes par l’arrivée de la NBHA (National Barrel Horse Association).

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

La discipline a mis du temps à prendre auprès du public ?
Justement le succès est fulgurant ! La simplicité de compréhension des règles, la vitesse, la poussée d’adrénaline des chevaux et des cavaliers rend cette discipline très attrayante pour les spectateurs et les médias.
L’aboutissement du circuit de Barrel se trouve aux Etats-Unis avec ses finales à Las Vegas et des millions de dollars de gains. Mais il y a également beaucoup d’autres disciplines.

C’est quoi exactement le barrel ?
C’est une discipline très populaire outre-Atlantique, le Barrel reste assez méconnu en Franc. Littéralement ça signifie « course de tonneaux ». Cela consiste en une course autour de bidons disposés en trèfle, qu’il faut éviter de faire tomber et les contourner en alternant le sens de rotation. La différence se fait au millième près! Vitesse, changement de pieds, trajectoire, poussée, 3 bidons, 16 secondes presque en apnée. Tout s’enchaine très vite, c’est vraiment ce que j’aime !

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Pouvez-vous nous expliquer comment vous êtes venue à l’équitation western ?
J’ai commencé l’équitation en club vers l’âge de 7 ans, je suis fascinée par les chevaux. Dressage et obstacle pour commencer puis ensuite j’ai eu un cheval en demi-pension. J’étais très attirée par les concours complets et parcours de cross. Il y a 4 ans une amie m’a fait découvrir la montée western et le barrel. Cela a été une révélation !

Sly c’est votre cheval ?
Ses yeux bleus m’ont fait craquer et sa musculature m’a impressionné ! Depuis 2 ans mon Paint-horse et moi, on passe beaucoup de temps ensemble …à se comprendre et à se faire confiance. Ce n’était pas gagné d’avance. Il était très sur l’œil et découvrait le barrel. Il a fallu travailler techniques et tenir dans la selle… c’était du sport car il a son caractère. Lors de son premier concours Sly m’a fait sur deux go, un stop entre les barils. Très impressionné par les cris du public autour de l’arène. Les cowboys m’ont regardé dubitatif en le voyant aussi chaud … Maintenant il tourne et on progresse tous les deux.

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Avez-vous un bon souvenir de compétition ?
Deux mois plus tard après ce premier concours quand un  » ancien  » (multi sélectionnés pour les championnats du monde NBHA) m’interpelle lors d’un warm up (échauffement) :  » hé toi !  » Sly et moi on s’écarte, je croyais lui avoir grillé une  » priorité « . Et là il revient vers nous et me félicite pour le travail accompli. Deux ans plus tard on grapille les secondes et les dixièmes !

« … Sly et moi on s’écarte, je croyais lui avoir grillé une  » priorité «  … »

Il faut combien de temps pour  » dresser  » un cheval pour le barrel ?
Si dresser un cheval est une expérience excitante et gratifiante, c’est avant tout un travail de longue haleine. Ce qui me plait ce sont les liens affectifs et de confiance avec lui. Combien de temps ? Cela dépend du niveau de connaissance et de sa propre expérience équestre. Il n’y a pas de règles, comme il n’y a pas deux chevaux identiques, leurs personnalités se dévoilent forcément lors de l’apprentissage. Avec mon Sly cela a représenté 7 mois de travail 4 à 5 fois par semaine avec des doutes, quelques fois un sentiment d’impasse ou il faut persévérer et recommencer. Sly a un caractère très fort, quand il a accepté que je le coache, cela n’a plus été que de la technique : foulées, trajectoires, changement de pieds, assouplissements, rythmes en veillant à ces capacités d’attention et de concentration. Après une première année, on se sentait fort pour affronter la deuxième ! En résumé et à mes yeux Il faut au moins une année et surtout pas que sur les bidons …

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

A quoi ressemble une journée d’entraînement type pour Sly et vous ? Travail physique, dressage… ?
Avant et après tout entrainement il y a le pansage avec l’examen de l’absence de signes de raideurs, de gonflements ou de blessures éventuelles.
Concernant l’entrainement proprement dit, j’alterne régulièrement les séances de contrôle et d’allure tendance Reining ou de trail, de vitesse et d’assouplissement, de barrel, travail à pieds, de longe avec enrênements de sortie en pleine nature durant lesquelles je travaille son cardio et son mental.
Pour l’entraînement, les premières minutes sont essentielles…. Je lui montre qui prend les décisions et travaille sur notre connexion durant l’échauffement progressif : allure au pas, trot, galop, main droite et gauche, spin… Il y a des jours avec et des jours sans !
Ensuite la séance peut commencer comme sur un entrainement de Barrel, l’approche bidon par bidon, les enroulements et les appuis sur la sortie. Des encouragements verbaux et tapes de félicitations sur l’encolure quand il a bien travaillé. Il est très important de toujours terminer la séance sur un exercice réussi.

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Quelles sont les qualités nécessaires pour performer au barrel ?
Il faut en premier lieu bien connaitre son cheval qui va fournir un gros effort en une poignée de secondes. Il ne faut pas avoir froid aux yeux et l’accompagner car il connait son  » job  » et surtout que cela reste un plaisir pour tous les deux.
On me demande souvent si dans les virages serrés, je n’ai pas peur de glisser avec Sly. Bien sûr, cela m’est arrivé lorsque le sable de la carrière est trop profond ou même au galop à pleine vitesse quand je lâche et passe les rênes sur sa nuque. Alors je m’accroche au pommeau de la selle et l’encourage. Comme je le disais, je suis tenace !

« … Alors je m’accroche au pommeau de la selle et l’encourage. Comme je le disais, je suis tenace ! … »

Racontez-nous un peu votre compétition après la qualification à la finale de la Coupe d’Europe.
Les compétitions sont mixtes et après avoir passé les qualifications, je suis très fière de ma 5 éme place à la Coupe d’Europe toutes catégories confondues car le niveau est élevé. Beaucoup de cavaliers, qui sont également des entraîneurs de chevaux réputés dans cette discipline, y participent. Après seulement deux années de compétitions pour Sly et moi, je n’aurais pas imaginé réussir à me classer dans cette épreuve.

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

A quoi ressemble une saison de Barrel ?
Après Equita Lyon c’est repos et maintien de forme sans objectif avec un travail foncier ou sur d’autres disciplines en fonction des aléas du temps. Au cours des mois de février à avril le travail devient plus technique et ciblé pour travailler nos défauts. Enfin les exercices pour les compétitions qui démarrent mi-avril à fin septembre avec de grands rendez- vous ou notre forme doit monter progressivement pour être au top à Equita !

Comment conciliez-vous études et discipline ?
C’est toujours un peu compliqué quand une passion est forte… Rester dans le loisir ou vivre sa passion ? Aujourd’hui, je jongle entre mes emplois du temps et les aléas climatiques pour positionner mes entrainements. Il m’arrive assez régulièrement de m’entrainer de 19H30 à 22H. A cette heure le manège et la carrière sont disponibles ! Mais le lendemain, le réveil est difficile! Aujourd’hui ma motivation entre les études et ma discipline, fluctue au cours de la saison sportive et de l’année.

Lisa Bétourné – Dans la peau d’une cowgirl

Quels sont vos projets pour 2018 ?
Evidemment continuer la compétition et continuer à progresser sur les terrains de concours. J’espère aussi pouvoir participer à de nombreuses manifestations et peut être nous diriger doucement vers d’autres disciplines. Ce serait l’occasion d’améliorer la relation que j’entretiens avec Sly et de nous lancer avec encore plus de confiance envers l’un et l’autre dans ce que nous entreprendrons.

Un grand merci à Lisa-Anne de nous avoir accordé de son temps afin de répondre à nos questions et d’avoir partagé avec nous sa passion contagieuse pour le monde du western et de l’équitation.
Pour mieux vous rendre compte de ce qu’est le Barrel racing et voir des séances d’entraînements, rendez vous sur les réseaux sociaux de Lisa-Anne et Sly.

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